SUN GATES UNDER THE RAIN – Short video report

SUN GATES UNDER THE RAIN – Short video report

SUN GATES UNDER THE RAIN

2-6 février 2021 – Avoriaz  – France

Texte & Photos – © David Tchag

  • Auto-production 100% 100%
Une semaine aux Portes du Soleil…
sous la pluie.

Fin janvier nos collègues de Banging Bees, nous invitent à les rejoindre pour passer « une semaine au soleil » début février pour shooter le team Quiksilver sur la station d’Avoriaz.

À cette période de l’année, en plein hiver, on peut espérer un soleil radieux si un anti-cyclone se pose sur la France, au pire on peut essuyer une tempête de neige.

Les prévisions météo étaient plutôt optimistes fin janvier, des chutes importantes nous attendaient entrecoupées de petites éclaircies.

Sauf qu’à l’instar de février 2020 (CF Volcom Spot To Spot), le deuxième mois de l’année résonne avec grosses chutes de neige entrecoupées de pluies torrentielles.
Et devinez quoi, c’est une pluie à noyer un poisson qui s’est abattue pendant 24 h sur notre belle poudreuse.

 

Titouan Bartet – Avoriaz 2021 • © David Tchag

Quand nous sommes arrivés sur la station,
c’était féérique !

Sans mentir, la hauteur de neige dépassait les deux mètres, les toits étaient tellement recouverts (de neige) que les chalets se transformaient en maisons de Hobbits ou en spots idéals à rider.

Après un bref repérage le lundi, toute l’équipe se réuni le lendemain pour entamer une semaine hors du temps et des contraintes sanitaires.

Tout l’enjeu était là d’ailleurs, s’affranchir des contraintes liées aux remontées fermées pour exploiter le relief et les infrastructures de la station. Rider « quoi qu’il en coûte »  avec les moyens à notre disposition.

 

 

Eliot Pentecôte – Avoriaz 2021 • © David Tchag

Titouan Bartet – Avoriaz 2021 • © David Tchag

Non, le seul problème, c’est de ne pas pouvoir se restaurer après 18h, ce qui admettons-le, est un peu tôt pour le repas du soir et trop tard pour le goûter.

Seuls quelques fast food permettaient de se faire livrer, nous avons donc eu le choix entre des burgers et des pizzas, 3 jours sur 5, les deux autres jours ont été heureusement beaucoup plus diététiques avec une raclette savoyarde et des pâtes.

 

Hugo Serra – Avoriaz 2021 • © David Tchag

Titouan Bartet – Avoriaz 2021 • © David Tchag

Julien Merken – Avoriaz 2021 • © David Tchag

 

Voilà pour l’état des lieux, une douzaine de personnes, prêtes tous les matins dès 9h à produire des images dans une station aux remontées mécaniques fermées, dans un contexte sanitaire incertain, sans possibilité de se restaurer (j’exagère), et cerise sur la tartiflette, une météo en montagnes russes et un isotherme qui ne cessait de grimper.

 

Hugo Serra – Avoriaz 2021 • © David Tchag

Mathieu Crépel – Avoriaz 2021 • © David Tchag

À part ça, tout s’est bien passé.

Pas un incident, rien que des journées plus productives les unes que les autres.

En fait, c’était plus (+) productif qu’un shooting en BC ou dans un park.
Il faut rappeler que nous avions à notre disposition des moyens inhabituels fournis par les services de la station.

Sans leur implication et volonté de participer activement à cette session/shooting, le résultat n’aurait pas été le même. 

 

Julien Merken – Avoriaz 2021 • © David Tchag

Eliot Pentecôte – Avoriaz 2021 • © David Tchag

Ainsi, deux dameuses et leur conducteur ont pré-formé des hips, quarters, kickers et landing à peu près partout où c’était possible.

Un scooter électrique permettait de tracter les riders quand la neige imbibée de pluie devenait collante.

Une cavalière et son cheval de trait ont permis des runs en Snow Joering, une formule très… médiatique de faire du snowboard, mais qui a ses limites, celles du cheval bien évidemment.

Et puis il y a eu un shooting de nuit, oui de nuit, après 18h, dans les rues d’Avo.
Tous en possession d’une attestation et autorisation de travailler pendant les horaires du couvre feu, c’est avec une certaine gratitude que les membres de l’équipe ont passé trois heures à se peler le miches sous les projecteurs installés pour l’occasion.

Pour vous situer, c’était pendant les qualifs de Natural Selection, vous, vous étiez devant RedBull TV, nous, on se transformait en bâtonnet de glace façon Miko.

Titouan Bartet – Avoriaz 2021 • © David Tchag

Je dramatise vous vous en doutez, on était p….n de trop contents d’être dehors, à rider, rigoler et passer du bon temps sur la neige.

Car oui, l’ambiance du groupe a participé à la réussite de cette semaine. Malgré toutes les contraintes et la météo, il n’y a pas eu une seule complainte ou agacement, toute monde profitait au maximum de chaque moment, bien conscient du privilège que nous vivions.

 

Et pourtant, tous les spots que nous avons ridé sont accessibles à chacun d’entre-vous.
Qu’il s’agisse de faire un run entre Avo et Morzine avec un dénivelé de 900 m, de construire un kicker sur le bord des pistes (non damée), d’agencer une ruelle en mini snowpark, les options pour prendre du fun sont nombreuses.

Sans compter que le park de la Chapelle est accessible à pieds, quelques tables et rails sont installés.

Pour les plus fainéants, il y a toujours les ascenseurs de résidences qui donnent accès à un centaine de mètres de ride entre les immeubles.

Les plus sportifs et équipés d’entre vous ont la possibilité de randonner sur les itinéraires balisés et sécurisés du domaine.

 

Julien Merken – Avoriaz 2021 • © David Tchag

Cette parenthèse sur la station étant faite, revenons à notre semaine avec les riders français du team Quiksilver.

Je ne vais pas vous refaire l’historique de la marque fondée le siècle dernier en Australie (1969), Wikipedia vous renseignera mieux que moi https://fr.wikipedia.org/wiki/Quiksilver, mais je peux vous faire part des dernières évolutions au sein du segment snowboard français et plus particulièrement sur le renouvellement du team « France ».

Plusieurs young bloods ont intégré l’équipe plus ou moins récemment, certains sont issus de la compétition comme Titouan Bartet et Eliot Pentecôte. Julien Merken, le poulain de Mathieu Siboni de 15 ans, est quant à lui en équipe de France Espoirs de Slopestyle.

• Hugo Serra est un peu plus âgé ce qui l’oriente depuis deus saisons sur le circuit du Freeride World tour.
• Noé Chaby vient compléter le tableau avec un style très skate qui lui sera bien utile dans les rues d’Avo.

• Mathieu Crépel était là lui aussi, et autant vous dire que sa réputation de « tout replaquer » ne s’est pas démentie.

Six riders réunis pour la première fois dans une station fermée… mais entièrement à leur disposition.

Titouan Bartet – Avoriaz 2021 • © David Tchag

Comment vous expliquer la situation, imaginez que vous êtes pilote de F1 et que l’on vous propose d’utiliser les autoroutes (vides) pour faire une course avec cinq potes. En temps normal ce serait impossible et dangereux, mais le Covid à changé la donne et impose à la station et les riders d’exploiter de nouvelles possibilités et transformer les contraintes en créativité.

Résultat en images dans le report « Sun Gates Under The Rain ».

Remerciements à la station d’Avoriaz et ses équipes techniques, à Quiksilver Europe et ses membres, à Julien Mounier / Banging Bees et bien évidement aux riders qui n’ont rien lâché.

Réalisation David Tchag.

Hugo Serra – Avoriaz 2021 • © David Tchag

LAAX OPEN 2021 – VIDEO REPORTAGE

LAAX OPEN 2021 – VIDEO REPORTAGE

LAAX OPEN 2021 - FIS Snowboard World cup

20-23 janvier 2021 – Laax -Suisse

Nous sommes fiers de vous présenter notre premier reportage vidéo entièrement dédié à l’édition 2021 du LAAX OPEN.

Clémence Grimal, notre championne de Half Pipe revient sur le devant de la scène en animant des « Interviews Télésiège »… tout un symbole.

Sebastien Konijnenberg, Enzo Valax, Liam Tourki, Sebbe Debuck, Chloe kim, Jan Sherrer, Queralt Castellet et Valentino Guseli nous donnent des détails sur leurs runs de qualification et leurs projets pour les prochains mois.
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We’re proud to present our very first video report dedicated to Laax Open 2021.
Clémence Grimal, our pretty Half Pipe champion, returns to the front of the stage by hosting “chairlift interviews”… quite a symbol.

Sebastien Konijnenberg, Enzo Valax, Liam Tourki, Sebbe Debuck, Chloe kim, Jan Sherrer, Queralt Castellet et Valentino Guseli give us details on their qualifying runs and their plans for the next months.
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Filming : David Tchag, Clémence Grimal, Laax Open.
Editing & music : Benoît Portolano

  • Auto-production 70% 70%
Clémence Grimal

Clémence Grimal

Reporter

Ex-membre de l’équipe de France de Half Pipe, Clémence cumul des podiums depuis la Coupe du monde à Ruka en 2013
14ème place – Jeux Olympiques Sochi 2014
3ème place – Championnat du monde 2015
3ème place – Coupe du Monde 2016
3ème place – Championnat du monde 2017

Affectée par la maladie de lyme lors de sa dernière participation au JO de PueongChang en Corée du Sud en 2018, Clémence doit stopper sa carrière d’athlète de haut niveau pour se concentrer sur un traitement (remède de cheval au sens propre du therme) qui lui permet aujourd’hui de retrouver toutes ses facultés et sensations sur la neige.

Commentatrice des épreuves de Pipe diffusées sur Eurosport, Clémence complète sa reconversion et rejoint l’équipe de Act Snowboarding pour présenter les « Interviews Télésiège » réalisées durant les contests.

 

Chamonik Le Virus

Chamonik Le Virus

Chamonik le Virus,
ou presque.

Par Bruno R.

Pour la 3° année consécutive, Arthur Longo a ramené le crew Vans en France. Enfin quand je dis en France, je veux parler du seul lieu qui résonne vraiment outre-Atlantique : la vallée de Chamonix. Un endroit mondialement connu par les amateurs « d’outdoor » en tout genre venus satisfaire leur besoin d’aventure ou simplement capturer un « selfie » au sommet du téléphérique de l’Aiguille. C’est avec l’une des rares perturbations de l’hiver dernier que notre crew de professionnels vient se poser comme une fleur au pied du plus haut sommet d’Europe. Mis à part un gros coup de pluie et une pandémie mondiale, tout s’est plutôt bien déroulé. « Right time right place », la classe américaine ou presque.

Un bruit court dans la vallée. Les remontées mécaniques pourraient fermer pour prévenir la propagation d’un virus, le Covid 19. Nous sommes le 8 mars et une gentille psychose s’installe alors que de l’autre côté du tunnel en Italie, tout est déjà à l’arrêt depuis plusieurs jours. Il en faut plus pour décourager nos troupes pour qui le concept de station fermée demeure de l’ordre du fantasme.

Et puis on a d’autres préoccupations. Nous sommes en mission pour la dernière grosse production vidéo Vans. Deux photographes, deux filmers pour trois riders, voilà un crew qui n’est pas là pour se la couler douce. Chaque trick sera capturé sous tous les angles. La pression est sur les épaules de nos « athlètes ». Silence ça tourne. Il faut dire que ce n’est pas tous les jours que des Américains d’Amérique viennent fouler nos pentes. En réalité l’Europe n’a pas particulièrement la cote avec ses températures qui font le yoyo et un enneigement de plus en plus aléatoire.

Si la France reste une destination « exotique », la réputation de Chamonix, elle, n’est plus à faire. Cette année encore, Blake Paul, le local de Jackson Hole fait partie de l’équipe. Il semble apprécier le paysage et commence à se familiariser avec les lieux. Particulièrement « nonchalant » voire carrément en roue libre, le gars n’est vraiment pas chiant et pourra tout rider dans la mesure où le landing est poudreux. Sur la durée c’est une excellente stratégie. Le petit nouveau c’est Danimals, Dan Liedahl, ce rider originaire du Minnesota est plus connu pour ses prouesses sur les spots de street. Toujours enthousiaste Danimals est un mec cool qu’on se le dise. Pas le mec cool, trop cool, un peu snob, vraiment le mec cool toujours content. Et à Chamonix il en a pour son argent.

Du lever au coucher du soleil il s’en prend plein les yeux ça lui met la banane. Le capitaine, le premier de cordée, n’est autre que notre french golden boy Arthur Longo. Un rider passé maître dans la gestion du stress, la location de chalet sur RBn’B et le management de snowboarders dans les pentes de Chamonix. Être « encadré » par Arthur c’est quelque chose. Il revendique clairement un goût pour l’aventure et la découverte des pentes de la vallée. Certains retours station à la nuit tombée sont plus compliqués que d’autres. Surtout pour notre crew média qui se trimballe les sacs photos et vidéo de 30 kg. Suivez le guide, il ne sait pas où il va ! Et il le fait avec le sourire.

Côté shape, on commence à connaitre l’animal. Pas vraiment adepte de l’empilage de blocs, il recherchera plutôt le spot où le terrain a déjà fait une bonne partie du job.
On se retrouve donc à rider des bords de pistes, des windlips…

C’est un véritable bonheur de voir des riders de ce calibre évoluer et ce n’est donc pas un hasard si le crew média est en conséquence pour ne pas en rater une miette. L’emblématique Jake Price trimballe inlassablement sa caméra 16 mm aux quatre coins du monde. Calme, silencieux il n’en est pas moins efficace et fascinant. Voila deux saisons qu’il travaille sur un documentaire autour du légendaire Jamie Lynn. Mais ce dernier n’étant pas particulièrement pressé de commencer à filmer avant avril (2020), Jake passe beaucoup de temps avec Arthur. Hayden Rensch aka Drone pilote est là en renfort. Sa mission, immortaliser les nouvelles boots d’Arthur et tout le reste.

Côté photo c’est notre Master qui s’y colle: David Tchag. Comme à son habitude il met une bonne démo à notre équipe internationale avec son approche du métier toute personnelle. Il sera rejoint pour quelques jours par le photographe bonus Matt Georges. Tout le monde est chaud bouillant mais rien d’inquiétant en ce qui concerne leur température.

Si la pandémie mondiale continue son chemin, cela demeure très abstrait pour nos champions. Les priorités sont les suivantes : trouver de la bonne neige, trouver des spots, filmer des tricks. Un programme plutôt simple qui ne laisse pas de place à des considérations épidémiologiques.

Pour Blake Paul : « Notre crew dénote dans le paysage. Partout autour de nous, on assiste à des activités plutôt extrêmes : ski extreme, freeride engagé, speed riding, alpinisme, parapente (…) alors que nous nous baladons tranquille à la recherche de spots. Même si on doit certainement passer pour des novices, j’aime voir notre approche du snowboard s’inscrire dans le paysage de Chamonix. C’est tellement agréable de pouvoir rider la station toute la journée, s’arrêter déjeuner, prendre un café, changer de versant et filmer un spot au coucher du soleil.

Toute la démarche, la quête pour obtenir un shot sont vraiment très particulières et on passe beaucoup plus de temps à rider ici que sur une journée de filming aux States. L’esthétique des montagnes est vraiment unique ici et la seule limite c’est la distance que tu es prêt à parcourir à pied. Ça et le nombre de fenêtres météo que le spot va t’accorder. » Certes il vient de neiger mais la perturbation continue de circuler. Le temps est perturbé et nous bénéficions d’assez peu d’éclaircies.

On essaye tout de même de justifier les 4 billets d’avion et l’ensemble des frais engagés. Pour cela, on jongle entre découverte et zones recensées par notre équipe les années précédentes. Blake Paul n‘en revient pas : « Certains spots que nous avions ridés dans le passé avaient complètement changé. Sur le gros hip que nous avions filmé pour le projet “Triple”, deux énormes blocs de la taille d’un bus avaient bougé de bien 100 mètres en contrebas pour changer complètement la configuration du spot. Tout ça en l’espace d’un an à peine. On a fait 3 trips ici, mais tu n’es jamais complètement satisfait, tu auras besoin que beaucoup de facteurs s’alignent pour l’avoir vraiment bon. Bien que Chamonix nous ait déjà appris cette leçon dans le passé, il vaut mieux arriver là sans aucune attente. »
Le décor est majestueux mais pour ceux qui n’ont jamais ridé à Chamonix, on va la résumer ainsi : c’est une galère. Il y a des remontées mécaniques sur tous les versants mais rien n’est connecté. Tout est visible mais pas forcément accessible, c’est dangereux, les forfaits sont ultra chers, ça trace dans tous les sens … Bref n’y allez pas, c’est nul !

Insidieusement le concept de confinement que nous croyions réservé à nos voisins transalpins fait son petit chemin dans les esprits et devient de plus en plus envisageable. L’Europe et la France commencent à être montrées du doigt pour leur gestion de la crise sanitaire qui s’installe. Tout comme la Chine ou l’Italie avant eux, nous prenons la place du lointain voisin irresponsable. Au pays de l’oncle Sam, on met en garde les compatriotes expatriés en les invitant à boire un maximum de désinfectant. Pourtant à Chamonix, mise à part une pollution chronique généralisée due au trafic routier, l’air semble plutôt sain. C’est sur les derniers jours que tout ça commence à vraiment déraper avec de petits airs de fin de saison, voire de fin du monde. 

On prend le train du Montenvers qui part de Chamonix pour emmener les « touristes » au pied de la Mer de Glace. Tout est bouché par d’épais nuages et la caissière essaye de nous dissuader. On descend du train et comme prévu on ne voit pas grand-chose. Suffisamment pour se rendre compte qu’on ne voit pas la Mer de Glace. Les touristes et les classes de neige se relaient pour constater que oui, la Mer de Glace a disparu. Et que oui, ce n’est pas de la neige qui tombe du ciel mais bien de la pluie. À l’instar du virus, le réchauffement climatique est clairement visible. Là, on sent que ça part vraiment en sucette, les prévisions sont alarmantes. Aucune perturbation en vue. Un isotherme à 3000 et une pandémie qui s’intensifie et nous rattrape. Le pic de contamination explose et le monde va vivre un épisode dont nous ne sommes toujours pas sortis à l’heure où vous lirez ce magazine.

Notre petite équipe toute à son affaire, concentrée sur sa saison, sur sa mission, est rattrapée par la situation sanitaire mondiale. En quelques heures les priorités et préoccupations changent de dimension. Nos snowboarders épris de liberté et de grands espaces doivent finalement composer avec une autre réalité.

Blake Paul résume : « On sent que le trip touche à sa fin, la situation est préoccupante et nous discutons du programme pour les quelques jours qu’il nous restent à passer en Europe. Il est 3h00 du matin quand Hayden notre filmeur déboule dans la chambre : “T’as vu les infos ? ”. Les frontières vont fermer ce vendredi (nous sommes jeudi), il faudrait peut-être qu’on se tire d’ici. En 5 minutes toute la maison est réveillée et on commence à faire les bagages dans la panique. Impossible de joindre la compagnie aérienne par téléphone pour changer nos vols. En route pour l’aéroport de Genève.

C’est une véritable course contre la montre. L’ambiance est légère cependant et on ne peut s’empêcher de rire à l’idée de la situation rocambolesque dans laquelle nous nous trouvons. Soudain en un claquement de doigts, le crew se sépare et l’hiver se termine ». Le lendemain, Arthur se réveille solo dans le chalet. Tous volatilisés dans la nuit. Il restera dans la vallée à regarder fondre la neige, définitivement contaminé par le virus de Chamonix.

LAAX OPEN 2021 – FIS Snowboard world Cup

LAAX OPEN 2021 – FIS Snowboard world Cup

LAAX OPEN 2021
Par David-19

Act Snowboarding qui parle de la Coupe du monde FIS Snowboard…

À première vue, ça ne colle pas vraiment avec l’identité du magazine dont le contenu est plutôt intemporel et artistique, mais pas vraiment dirigé vers la compétition.
On pourrait même dire qu’on s’en fout un peu. On préfère mettre en avant la beauté du snowboard et les personnes impliquées dans nos publications, que de parler de performance ou de résultats.

Alors, pourquoi sommes-nous allés couvrir cette Coupe du monde, en Suisse ? 

Parce qu’elle est UNIQUE en Europe cette année (Pipe et Slopestyle) et sans doute la dernière dans le monde cette saison, à moins qu’une nouvelle station soit trouvée pour remplacer l’épreuve de Calgary (Can), peut-être à Aspen (USA) si on analyse la situation.
Bref, sachant qu’il n’y a eu qu’une épreuve de big air auparavant, on peut considérer cette édition du Laax Open 2021 comme « intemporelle » .
Donc premier critère rempli pour qu’on s’y intéresse. 

Ensuite, l’implication de la station dans le snowboard est hautement respectable et s’inscrit dans la continuité, ils sont, avec les organisateurs, de véritables ACTivistes, ils remplissent le second critère. 

Mais revenons à ces épreuves du Laax Open 2021, qui de l’avis de tous ceux qui ont déjà participé à ce contest était… très particulier, voire étrange « due to the pandemic crisis ». 

Une finale de Pipe sans public, juste ça… c’est très perturbant.
On avait l’impression d’être sur un shooting privé, de nuit, avec les meilleurs riders au monde juste pour quelques photographes et cadreurs de TV.
Sur le coup, cette exclusivité est un peu gênante vis à vis des spectateurs qui sont devenus des téléspectateurs par la force des choses, mais on oublie vite le malheur des autres quand le Pipe s’enflamme.

On va résumer pour ne pas trop vous perdre, en gros il y avait les Japonais et le reste du monde.
Le podium est explicite, Argent et Bronze pour les femmes et Or et Bronze chez les hommes.
Hormis Scotty James (Aus) qui s’intercale entre Yuto Totsuka et Ruka Hirano chez les mecs et Chloé Kim (USA) qui devance Mitsuki Ono et Sena Tomita, les riders(eues) japonais(es) ont imposé un très haut niveau de ride.

Pour les plus avertis, voici les runs gagnants réalisés durant la finale :
Yuto (19 ans) : sans doute le meilleur run de Pipe jamais vu (d’après les juges) !
Fs 1440 Fr Grab, suivi par un combo plaqué pour la première fois : Sw Fs 1260, Fs Grab into Sw Bs 1080 Weddle (ex Mute) et enfin Bs 1260 Weddle & Fs double 1260 Fs sur les deux derniers hits. 

Chloe : Bs Air, Fs 1080 Tail, Cab 72 Weddle, Fs 9 Tail, Mc Twist Indy.
La nana vient de reprendre la compétition après deux ans d’absence et elle claque des 1080 à 5 mètres au-dessus du copping…

Il faut aussi que l’on vous parle de Valentino Guseli.
Le jeune Australien de 15 ans est depuis des années sur le haut du panier des meilleurs riders de Pipe, sa constance et son amplitude lui auront permis de monter sur le podium, malheureusement un mauvais replaquage sur son deuxième passage l’en prive. 

Mais celui qui a gagné nos cœurs, c’est l’Allemand Andre Höflich qui introduisait son run avec le plus gros Swith Bs Air jamais réalisé en Pipe !
Il termine 4ème et c’est presque une victoire au vu du niveau des trois premiers. 

Andre Höflich - Switch Backside Air - Laax Open 2021
Andre Höflich - Switch Backside Air - Laax Open 2021
Andre Höflich - Switch Backside Air - Laax Open 2021
Andre Höflich - Switch Backside Air - Laax Open 2021
Andre Höflich - Switch Backside Air - Laax Open 2021

La veille se déroulaient les épreuves de slopestyle.
Jamie Anderson (USA) domine les six modules répartis sur les 500 mètres de slope, devant Zoi S. Synnott (NZL) et Tess Coady (AUS).
Voici son run : Half-cab over the tube to Bs blunt 270 out sur le waterfall rail, Fs blunt 270 out sur le cannon rail, Bs 540 stalefish sur le wing kicker, Cab Fs double 900 weddle, Fs 720 weddle, Fs 180 en Sw Bs 540 Indy out sur le watch.

MArku Kleveland - Laax Open 2021

Chez les hommes, c’est Niklas Mattsson (SWE) qui remporte devant Leon Vockensperger (GER) et Markus Kleveland (NOR) avec un run complet : Backside lipslide sur le tube, to front blunt switch up 270 out sur le Rail waterfall rail, cab 270 on 450 out sur le cannon rail, switch double crippler Indy, switch backside 1260 melon, backside 1620 melon, cab 540 in to backside rodeo 540 out.

Jamie Anderson - Laax Open 2021

On pourrait aussi présenter les runs des autres riders mais on ne se souvient pas de tout…

Vous pouvez néanmoins retrouver le replay des épreuves sur www.redbull.com et très bientôt un report complet avec des interviews inédites de quelques riders sur actsnowboarding.com

Nous tenons à féliciter la station de Laax et les organisateurs pour avoir aussi bien géré l’événement malgré le contexte, avec des protocoles sanitaires stricts et rassurants.

La station de Laax démontre que les remontées mécaniques ne sont pas un problème pour garantir la sécurité sanitaire des clients, ou des athlètes étrangers venus des quatre coins du monde. Les protections adéquates portées en permanence réduisent les risques de transmission et la distanciation entre les personnes est naturellement respectée.

Il serait temps pour la France de prendre (le bon) exemple, et de considérer les remontées mécaniques comme un moyen de transport indispensable pour l’économie et la vie sociale au même titre que les trains, les métros, les bus et tous les transports en commun dont dépendent les services de remontées mécaniques.

Mais ceci est une autre histoire, à suivre sur Act Snowboarding.