« C’est du carving Monsieur le Juge, je vous l’assure »

« C’est du carving Monsieur le Juge, je vous l’assure »

« Je soutiens une version différente Monsieur le Juge, écoutez-moi.

Il y a une sensation assez bizarre que j’ai toujours aimée, recherchée, écoutée.

Mais je ne l’ai pas beaucoup exprimé parce que ça n’a jamais été dans l’air du temps. ça a même toujours paru contradictoire.

Cette sensation, c’est le CARVING EN POUDREUSE.

Vous voyez, ça ne va pas ensemble maintenant que je le dis !

Mais je crois bien que c’est vraiment du carving quand on essaie de ne pas se servir de la poudreuse pour se freiner sur le talon, quand au contraire ça rentre sur le fil comme une aiguille dans la laine et que l’appui devient ferme sous la carre, juste dosé pour que ça ne s’enfonce pas trop sur la tranche et quand ça mord bien, pousser, pousser bien à plat pour que ça accélère autant que possible et que la courbe soit le plus bouclée possible, à la limite de revenir à la contre-pente, et là ça relance, ça fait un rebond pour la bascule de tout le corps dans le virage suivant.
Ce qui me fait dire que c’est du carving, c’est la prise de conscience de la même notion en ce moment dans le surf. Oui, la vague est dans sa révolution des aerials, mais on y découvre aussi le mot carving et c’est récent. Pourquoi ? Parce que pour voler, il faut d’abord décoller. Et pour décoller, il faut une trajectoire contre l’onde, juste dosée pour que ça ne s’enfonce pas trop sur la tranche et quand ça mord bien, pousser, pousser bien à plat pour que ça accélère autant que possible et que la courbe soit le plus bouclée possible, revenir à la contre-pente, et là ça relance, ça fait un rebond… Vous avez vu, j’ai fait exprès de redire la même chose que plus haut pour le snowboard et que eux ils appellent du carving.

Ce qui change donc aujourd’hui c’est que des amis peuvent me comprendre quand je dis carver la poudre.

Moi, c’est vrai plaisir.

De l’utilité du swallow long tail.

De la recherche d’une perfection en powsurf.

Carver la poudre.

Je maintiens ma version Monsieur le Juge.« .

Denis BERTRAND